Jeudi 3 septembre 2009


       C'est toi, souveraine,
       Que le monde attendait pour revivre,
       Cet absolu de tous tes gestes,
       L'hymne de ta présence...

       L'univers s'émeut de bouger au creux de tes mains,
       Tes reins, tes pieds,
       Tu es là parmi nous,  le chaos se soumet !
       Les plaine saturées de rosée, offrent la délivrance
       A tant d'âmes en peine,

       Les icônes dépoussiérées donnent vie
       A des êtres de chair et de coeur,
       Enfin tu es là...Accomplissant les voeux des disparus,
       Rêvant chaque jour d'unité...

       Les foules serviles rompent leurs liens,
       Tu es là...
       Ô femme, tu  veilles sur les coupoles des forêts !
       Maintenant haute la flamme des peupliers, des bouleaux,
       Tu es là...
       L'amour aura moins froid au cou tendre du geai,

       Radonèje revit, les pélerins sautent de joie !
       L'Ob et l'Iénisséï donnent une eau pure
       Aux juments et leurs petits,

       Les paroles défaites...Comme tu les ranimes !
       Sur le toit des isbas,
       Trottent quantité de petits chevaux rouges en liberté...
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Jeudi 27 août 2009


         Ta voix, en foule renversante,
         Brusque vies et morts,
         Dans un ravissement,
         Par son règne toujours nouveau,
         Ses départs de flamme
         A pointe bleue,
         Ses rives obstinées,
         Ta voix monte en neige le temps...
         Mouillant de ses chants les marronniers fleuris,
         Arrosant le corps de l'univers,

         Ô ta voix, cette tour d'air pur !
         Sa sève brûlant l'horizon,
         J'écoute ses sources à flancs d'abimes,
         Coupées d'ombres et de racines,
         Sur la faille grandissante du jour...

         L'infini s'éveille sur tes lèvres,
         Je me retourne où pleuvent tes cheveux,
         C'est contre eux que les lilas deviennent sucrés,
         Parfumant les juillets de tes doigts,

         Un coeur lilas bataillera toujours
         Entre tes seins de neige,
         Un coeur apaisé sans y penser,
         Epousant les calices de ta beauté !
        
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Mercredi 24 juin 2009



         Au long des chemins creux,

         L'Amour fait son lit,

         Les membres brûlant de replis,

         Jours et nuits y mêlent leurs aveux,

         Le monde devient si léger,

         A écouter le chant des sources,

         Leurs lèvres déployées

         Parmi les mousses...

         Le temps tressé feuille à feuille,

         Accroît les méandres des vallons,

         Le soleil en exil sur les seuils,

         A laissé au loin ses clairons,

         Joue à joue contre moult horizons,

         Un chevreuil montre sa joie,

         Embrassant à foison

         L'univers qui verdoie,

         Tout en nous rapprochant des abîmes,
         A chacun de nos pas,
         Nos rêves caressent les oiseaux des cimes,
         Par-dessus les toits...

         Les arbres mages, nous enivrent,
         Etendant leurs robes denses,
         Brisant des réalités, le givre,
         Pour une fraternité plus dense !

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Mardi 23 juin 2009


       Ils recentrent les choses
       En les donnant à vivre,
       Tout l'Amour qu'ils composent
       Chaque jour nous délivre...

       L'univers des feuillages
       Nous comble de vie intense,
       Animée de villages,
       Roses de notre enfance !

       Dentelles et robes sont de mise,
       Au bord des chemins,
       L'écureuil n'en fait qu'à sa guise,
       Enflammant le coeur des ravins,

       Approchez passants, vos mains du foyer,
       Où nombre de collines bleues,
       Enseignent la générosité,
       Tous les oiseaux en tombent amoureux !

       Je nais et meurs chaque jour,
       Dans  vos bras frissonnants,
       Ô arbres de mes amours,
       L'éternité s'abreuve à vos gestes innocents...

       Vous surgissez à flanc de prairie,
       Telles des îles étoilant l'océan,
       Guidant nos pas au milieu des nuits,
       Vous repoussez au loin le néant,

       Il fait soleil en vos bergeries,
       Cordillères d'écorces, éprises d'horizons,
       Sur la portée musicale des nids,
       Le vent joue à saute-mouton,

       Arbres de la mémoire, ô visages amis !
       J'embrasse vos orages,
       Ruisselant d'infinis,
       Fenêtres sur maints paysages...
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Mercredi 13 mai 2009


     Quelle que soit l'heure, le ciel est ma demeure,

     Que je sois prince ou voleur,

     Parfois les deux à la fois,

     Auprès de la lune, j'ignore le froid,

     Les étoiles sont ma loi,

     Je danse au milieu des fleurs !

     Quelle que soit l'heure, un champ fait mon bonheur,

     Que je sois paysan ou jongleur,

     Souvent les deux à la fois,

     Contre l'herbe je n'ai jamais froid,

     Les vaches portent leur robe de soie,

     J'écoute l'univers, ma tête sur leur coeur,

     Quelle que soit l'heure, un arbre est mon sauveur,

     Que je sois oiseau ou rêveur,

     Toujours les deux à la fois,

     Dans les feuillages, j'évite le froid,

     A chaque voûte, surgit la joie,

     J'épouse mille mondes qui chatoient...

     Quelle que soit l'heure, une rivière est ma soeur,

     Que je sois artiste ou cincle plongeur,

     Forcément les deux à la fois,

     Entre les flots, j'escamote le froid,

     A chaque pli, une Ondine se déploie,

    Son innocence me comble de ferveur...

     Quelle que soit l'heure, la pluie est mon Amour,

     Quelle me pince ou me transperce,

     Je lui dois tous mes émois,

     Talons aiguilles, lianes, herses,

     Ses actes ont raison de moi,

     Je m'épanouis au son de sa voix,

     A n'importe quelle heure, la neige a mes faveurs,

     Je nais, je meurs sous ses gestes enchanteurs,

     En son sein, je ne réponds plus de moi,

     Un trop-plein de caresses épuise la malheur,

     De chapeaux et manchons la nature s'accroît,

     Une infinie présence embrasse les sous-bois...

 

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Mardi 5 mai 2009


       Pieds nus sur l'horizon,
       Elle fait le plein de caresses,
       Berçant l'azur de tendresse,
       La terre lui donne raison...

       Les vagues sont des oiseaux,
       Prêts à l'envol, ô farandoles !
       L'univers est sans idoles,
       Partout ses actes sont beaux,

       Les algues crissent sous la main,
       Dans une ardeur totale,
       C'est un quotidien idéal,
       Que la mer polit sans fin,

       Tant de danses nous reviennent,
       De pays lointains,
       On se régale de jardins,
       Alentour vibre une douce laine,

       Les seins nus, elle voyage,
       Il y a des baisers pour chacun,
       Que l'on soit sirène ou marin,
       La mer ne fait pas son âge,

       Elle brasse soleil et neige,
       Mêlant son corps à d'autres corps,
       Les vivants comptent autant que les morts,
       A travers l'écume toujours vierge...

       La lune se multiplie, entre les plis
       De robes aux mille fruits !

      
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Lundi 27 avril 2009


        Entre tes doigts fleuris
        Chante la vie,
        Le jour apprivoisé,
        Charmé par les pétales,
        Tes ongles peints !

        Le plaisir se dresse
        Blanche rivière en liesse,
        Un arbre croît soudain,
        Contre ta main !

        Tu fais venir la sève,
        L'univers s'allège,
        Ô tendre piège,
        Pour un florilège !

        Le temps monté en neige,
        Inonde le calice
        De ta paume, ce délice,
        Rectrice d'un manège !

        Les blés en gerbe sont liés,
        Dans la chaleur de l'été,
        La meunière fait son pain
        D'un jouir adamantin...

        Le pollen s'envole
        Sous tes yeux miroitants,
        C'est une farandole
        De savoureux  moments,

        Les feuillages par vagues
        Balaient ta poitrine,
        Le présent s'illumine
        De fougères et d'algues...

        Mille printemps sont en feu,
        Aux soleils de tes dents,
        L'onde de tes cheveux
        Noie le firmament !
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Mercredi 8 avril 2009



         Le bleu de vos tresses est partout, baisant la terre,

         Ô divines, aux doigts fins, louées soient vos caresses !

         Vêtues d'un rien, d'une brise, mes princesses,

         Au fond de la vallée, dispensant vos mystères,

         Toute une lyre joue, la magie de l'Amour,

         Depuis la danse des jours, jusqu'aux chants de la nuit,
         Pour vous, je tourne toujours la tête à demi,
         Surpris par vos élans, le choix de vos détours,

         J'apprends par vous le cercle des renaissances,
         Votre coeur fait son miel de la fleur des secrets,
         Que la truite arc-en-ciel explore sans arrêt,
         Près des berges blondes où mûrissent les anses,

         Je viens vous retrouver bien souvent dans vos rêves,
         Le long des bords ardents, signes de votre jeunesse,
         M'accrochant aux replis de vos robes d'ivresse,
         Le maëlstrom des passions ne connaît pas la trêve,

         Par une joie d'enfants nous pressant aux balcons,
         Les oiseaux et moi-même fêtons votre jouvence,
         Vos pieds nus, à l'infini, rythmant la cadence,
         La beauté sur vos seins, libère ses moissons !

         Lorsque vous souriez, éclairant les prairies,
         Le monde fait peau neuve, dans un ravissement,
         Des rubans de neige ceignent vos parements,
         Sous les arbres conquis, vous magnifiez la vie...

         Les peuples en exil, trouvent en vous l'harmonie,
         Mille étreintes formant les trames du souvenir,
         Ô Ondines, vos bras nous comblent de plaisir !
         Vous avez tant souci de tous en vos lacis...

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Mercredi 8 avril 2009



            Contre la pente ombrée de tes gestes,

            Les vents s'émeuvent doucement,

            Sens-tu l'appel de l'ange innocent,

            Frôlant ton épaule d'une main leste ?

            Quand le printemps renouvelle ses baisers,
            L'amour est doux au ventre de l'écureuil,
            Des îles bleues surgissent entre les feuilles,
            On nous parle d'Eden enfin restitué...

            Tes pieds nus font jaillir les sources,
            Les champs de l'Amour sont immenses,
            De bourgeons en pétales, les vergers mènent la danse,
            Ô villages de ton Nom, où les hirondelles font la course !

            Nous croyons atteindre le réel,
            Mais les évènements nous dépassent,
            Au coeur des forêts, c'est toi que j'embrasse,
            Bercé par ta robe au goût d'airelles,

            Ô toi que j'aime à en mourir !
            D'un Amour qui ne dit pas son nom,
            Je te célèbre en toutes saisons,
            A tes genoux je ne sais plus que dire,

            Mais comment te rejoindre vraiment ?
            Alors que l'Histoire se répète...
            Il nous aurait fallu vivre autrement,
            Offrir à tous des chemins de fête,

            Or, tant de crimes survenus,
            T'ont repoussé au loin ma mie,
            Laissant place aux guerres, aux maladies,
            En niant l'Autre, c'est Toi que l'on tue !

            Si je suis là aujourd'hui devant toi,
            C'est pour te porter ce message brûlant,
            Des disparus en moi toujours présents,
            Troublés eux aussi par tes doigts délicats,

            Ensemble nous rêvons à ta chevelure,
            Fenêtre ouvrant sur le désir,
            Tes tresses creusent des sillons dans l'azur,
            L'univers vibre sous ton empire !

            Chaque être porte en lui le monde,
            Je suis enceint de moult créatures,
            Leurs paysages en moi abondent,
            Entre leurs mains bat mon coeur, ce fruit mûr...

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Mercredi 25 mars 2009

      Que l'amour soit donné aux êtres qui ont froid,

      A ceux qui n'ont connu que l'absence sans nom,

      Vivants et morts victimes du noroît de l'effroi,

      D'indifférence aveugle, fermant tout horizon,

      Le quotidien apporte son lot de trahisons,

      Je ne suis jamais sûr que c'est toi que je vois,

      Tellement l'Histoire humaine à manqué de raison,

      Pourtant je suis ému au moindre de tes pas,

      Comment aller vers toi, sans jamais te mentir ?

      Renouveler ce chant de l'amant qui espère,

      Enlacer de ses bras, tes genoux, ce mystère,

      Imitant la rivière que le rocher attire,

      Le temps qui nous échoit, la femme le prolonge !

      Par tant de paysages sur sa robe lovés,

      Mers changeant de visages, berceaux aux mille songes,

      Les poissons dans ses mains essaiment les étés,

      S'il est un lieu d'accueil, c'est bien en tes cheveux,

      Feuillages merveilleux, caresses frôlant l'azur,

      Neiges ouvrant la voie aux mondes chaleureux,

      Au sein de l'innocence, nos intentions sont pures,

     Je t'aime au nom de l'enfant qui va naître,

      Petite fleur des champs, baiser vers l'infini,

      Nul doute que la nature évite le paraître,

      Enonçant ses enigmes en chacun de ses plis,

      Que l'amour soit offert aux êtres esseulés,

      Prisonniers de l'Enfer, ils ne sont plus que "cri"...

      La tête entre les mains, le coeur dépecé,

      Que l'amour rayonne pour tous les réprouvés !

      L'étreinte d'une forêt, est fidèle aux chevreuils,

      Elle n'a pas son pareil pour leur confier son coeur,

      La mémoire des arbres prône la magie des seuils,

      Immenses territoires pour nos frères et soeurs,

      Ô mon amour, comment te dire que je t'aime,
      Alors que tant de peuples sont à l'agonie !
      Je voudrais de mes mains soulager tant de peines,
      Apaiser le mendiant, lui lire ce poème,

      Si seulement l'on avait pensé à toi l'ami,
      Depuis le premier jour, l'Origine du monde,
      Respectant ta venue, à travers toute vie,
      Les choses seraient autres, partout à la ronde...

Par voltuan
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