( en mémoire de Jules Supervielle )
J'apprends la tendresse aux hommes
Que j'étreins sans les renier
Je suis l'amour en somme
A travers mes ruches de baisers
Je compose des rondes d'instants
Feuillages alanguis, ciselés à l'envi
Amours de toute une vie
Greniers dont je fais un paradis!
Je porte sur mes cimes
Les promesses de songes
Mes fougères dentelées
Font danser les ombres
Mes labyrinthes creusent le temps
Qui n'en peut mais...Je le distille
Vers des puits où nous sommes amants
Notre goût du mystère fait craquer les brindilles
En mon sein mûrissent
Les fruits de la mémoire
Je me sens redevable de bâtir une Histoire
Exempte d'horreurs et de gloires...
Mes arbres veillent sur toute vie,
A branches que veux-tu, mes demoiselles
Autour des tendres voeux que sont les nids
Je crée depuis toujours un monde fraternel!
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