Mercredi 1 octobre 2008

 

                                                                                                                                            ( en mémoire de Jules Supervielle )

 

            J'apprends la tendresse aux hommes

            Que j'étreins sans les renier

            Je suis l'amour en somme

            A travers mes ruches de baisers

 

            Je compose des rondes d'instants

            Feuillages alanguis, ciselés à l'envi

            Amours de toute une vie

           Greniers dont je fais un paradis!

 

           Je porte sur mes cimes

           Les promesses de songes

           Mes fougères dentelées

           Font danser les ombres



          Mes labyrinthes creusent le temps
 
         Qui n'en peut mais...Je le distille

         Vers des puits où nous sommes amants

         Notre goût du mystère fait craquer les brindilles


        
         En mon sein mûrissent
  
         Les fruits de la mémoire

        Je me sens redevable de bâtir une Histoire

        Exempte d'horreurs et de gloires...


        Mes arbres veillent sur toute vie,

       A branches que veux-tu, mes demoiselles

      Autour des tendres voeux que sont les nids

      Je crée depuis toujours un monde fraternel!



         

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Mardi 23 septembre 2008


        Amours d'antan, qu'il m'en souvienne,
        Rien ne vous séparait de l'innocence,
        Où nous puisions à perdre haleine,
        Les élans de l'enfance,


        Chaque jour, nous buvions,
        Aux forêts denses de la passion,
        Pour un temps rassemblé, partagé,
        Sous l'égide des papillons,
        Caresses d'anges, nos alizés!


        Amours d'antan, ô doux visages,
        Baignés de prévenance!
        Les gestes simples vous conviaient
        En abondance,
        Auprès des oiseaux de passage,


        Si seulement, l'on vous avait laissé,
        La possibilité de croître, d'espèrer,
        Autour du feu de la mémoire vive,
        L'Histoire du monde en eut été changée!


        Amours d'antan,
        Insondables secrets des choses tues,
        Je viens vers vous, à pas menus,
        Dans un silence de neige,
        A travers ce qui nous lie, vous et moi,
        Aux sources nues, égrènant leurs arpèges,


       Amours d'antan, fruits d'éternels printemps,
       Gentes fleurs à la prudence saluée,
       Tendres provinces de l'âme restituées,
       Avec un abri pour le moindre mendiant,


       Amours d'antan, mes bosquets nourriciers,
       Mon coeur s'enflamme dans vos méandres,
       Esquissant des cercles parfaits,
       J'ai toujours cru en votre immensité,
       Quand aimer, c'est forcément se déprendre,


       Amours d'antan, votre mystère est bienvenu,
       Et tout ce qui le constitue,
       L'infini et l'infime
       Consacrés l'un à l'autre,


       Sous votre action, Hélios darde ses rayons,
       Les hirondelles mettent de l'azur à leurs joues,
       La mer patiemment frise ses moutons,
       Ce qui éléve nos sens, procède à pas de loup...


       J'ai souvenance d'amours brûlantes,
       Ces délices quand ta robe frôle l'horizon,
       Renversant les fines mangeoires du soleil,

       J'ai souvenance d'amours vermeilles,
       De plaines fendues de ruisseaux ardents,
       Lorsque ta chevelure crible le ciel d'abeilles!
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Mercredi 17 septembre 2008


          Emaillée de poissons, de moutons,
          Comme autant d'éclats de vie,
          La mer tisse l'espace à l'envi,
          Coud et recoud l'horizon,

          Mais c'est ta robe que je vois,
          Animant de ses plis, jour et nuit,
          Ce long pavois qui nous unit,
          Me protégeant contre le froid,

          Chacun de tes sourires dessine une vague,
          Ou un oiseau, c'est selon,
          Tu changes souvent de visages,
          Chantant l'amour en toutes saisons!

         Merci à tes lèvres, tes baisers,
         De même qu'à tous tes décolletés,
         Suivant le rythme des marées,
         Tu fais le bien sans y penser,

         Tes paysages sont légions,
         Cimes, prairies, lisières, vallons,
         Pour de tendres traversées,
         Dans la plus grande nudité,

         Je me love en tes cheveux,
         Caresse d'algues, terrains de jeux,
         Je nage, baigné par ta voix,
         Sans jamais faillir à ta loi...

         Ô femme aux îles bleues!
         Tu fais danser l'univers, enfin joyeux,
         Quand rien ne le divise...
         Les mouettes effleurent tes jardins,
         De coups d'ailes adamantins,

         Ta robe, moire des souvenirs ombreux,
         Submerge les rochers langoureux,
         Près des falaises veillant ton amour,

         Ô femme, louée sois-tu, de bercer le coeur des anges,
         Parmi tes vergers au long cours!
         
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Mercredi 10 septembre 2008


           De ta présence, naissent des mots,
           Bourgeons de l'innocence,
           Brillant par monts et par vaux,
           Tout au long d'une romance...

           Tu attires par tes pensées,
           Au fil du temps, ma semence,
           Perles d'une mémoire enjouée,
           Multipliées sous ta régence !

           Le soleil est là, au bout de tes doigts,
           Mouillant l'herbe et les feuillages,
           Devant toi je suis en émoi,
           Qui m'apparais toujours davantage,

           Tes bras font naître des lilas,
           Le long des chemins de neige,
           Habités sans cesse par la joie,
           D'un amour fidèle à Kitèje,

           Grâce à la lampe de tes cheveux,
           J'évite un trop-plein de naufrages,
           Dans l'azur parcouru de nuages,
           Dès que tu te coiffes un peu...

           Chacun de tes gestes est immense,
           Vague après vague, tissant l'océan,
           Le monde à travers toi devient dense,
           Des gouffres de la Terre jusqu'au firmament,

           Lorsque jambes croisées, ton pied s'avance,
           Mon coeur bat à son extrémité,
           C'est tout mon être alors qui danse,
           Contre l'univers de ta robe étoilée !

   
           Post-scriptum: "Kitèje" se rapporte à la légende russe d'une cité engloutie,
           qui n'est visible que par les coeurs purs...
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Lundi 1 septembre 2008

                                                                                                                      ( Aux humains et animaux,
                                                                                                                        victimes de l'horreur dans tous les siècles ),
                                                                                          A toi,



       Que dire de toi, de ta présence perdue,
       Trahie, dans toute l'histoire humaine,
       A travers tellement de sang versé,
       Au fil de la folie, de tant de haine !

      Chaque siècle prolonge l'infamie,
      Le calvaire de coeurs à l'agonie,
      On fait le lit d'un oubli général,
      En cumulant les fautes capitales...

      Que dire de la douceur de tes mains,
      De ton cou, noyés par l'horreur quotidienne !
      Sous la surface des choses ton absence s'étend,
      Je pense à toi depuis la nuit des temps !

      Qui dira ton visage rendu à la lumière du jour,
      Sauvé de l'indifférence, de l'engeance,
      Par les yeux de l'amour ?
      Tes lèvres sont des rivages
      Dont j'ignore le sens,
      Bordant le vallon où murmure un ruisseau,
      Soulignant l'horizon parfumé d'avenir,

      Tu danses avec les arbres aux robes feuillagées,
      Tu incarnes l'océan, le soleil, la terre, le vent,
      Je suis comblé de caresses,
      D'offrandes à satiété,
      Tes rivières font le plein de gestes tendres,
      Ta mémoire brûle en moi à chaque heure du jour,

      Je t'ai toujours aimée !
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Mercredi 30 juillet 2008

Témoignerai-je assez, au nom de ceux qui rêvent,
D'un amour infini, auquel tu me convies ?
Tout manque à être vu, écouté, dit...
Ecrivons, avant que le Léthé brûle nos lèvres !

Tant d'univers vivent en moi sous ta régence,
Enfants des rires du soleil, de l'eau et du vent,
Tes façons d'être me nourrissent éternellement,
Bravant les hauteurs, tes oiseaux s'élancent,

Tu es là, à travers tant de paysages,
Par les cimes que l'on devine au loin,
Sentinelles d'abimes dont je ne vois pas la fin,
Grâce à toi, perdure le mystère de doux visages,

L'innocence de ton Nom, derrière les peupliers,
Prend la forme d'un vallon, dont j'apprends les secrets,
Tu m'apparais souvent dans l'aube d'un noisetier !

Entends-tu, là-bas, les soupirs des ravins ?
Où la vie doucement marque une pause,
En retrait par la force des choses,
Evoquant ces creux, c'est comme si,
Je caressais la paume de tes mains...

J'épouse le feuillage des souvenirs,
Vibrant d'orages et de sources,
Mes pensées tournées vers la Grande Ourse,
Les Pléiades brillent de nos désirs !

Je t'ai connue à l'enseigne du pré qui boit,
Près des ruisseaux que nul ne voit,
Hormis les peuples animaux...
L'univers est féérique par la grâce des troupeaux,

Ceux qui tremblent de trop donner,
Permettent les tablées fraternelles,
Des champs de la terre comme du ciel,
Le feu de l'amour brûle dans ton genou plié !

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Jeudi 10 juillet 2008


        A travers tout ce qui se love,
        Mûrit chaque jour ta mémoire !
        Rouvraies, buissons, nids, mangroves,
        Enoncent au coeur du temps, tes pouvoirs...

        Loin du monde des apparences,
        Moult lieux nous mènent vers la passion,
        Leur profondeur est notre jouvence,
        Pour un dialogue d'exception,
    
        Notre amour vit dans les forêts,
        Où les feuillages se tutoient,
        Il y a toujours un après,
        Quelle que soit l'heure et l'endroit,

        Je t'aime, aux pourpoints clairs des eaux,
        Le long des fjords des fougères,
        Leurs échancrures sont des berceaux,
        Pour les doux secrets de la Terre...

        Tu sais, je compte tes soleils,
        Jouant sur les tresses des bouleaux,
        Ce sont autant de merveilles,
        Traversées par les oiseaux,

        Lorsqu'il pleut, le temps s'éternise,
        Au rythme de tes mains dénouant tes cheveux,
        La beauté alors est de mise,
        Tes yeux annoncent un ciel si bleu !

        Des peuples autour de ton Nom se rassemblent,
        Sous cet arbre souverain de ta présence,
        Fidèles aux sources de l'innocence,
        Eux comme moi, te devons d'espérer ensemble...

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Mardi 10 juin 2008


       Neige du premier jour,
       Promesse de l'amour,
      Je ne t'ai pas oubliée !
       Souhaitant maintes fois ta venue...

       J'ai mûri la mémoire de ton nom,
       A même l'innocence,
       T'attribuant tous les pouvoirs,
       Tourné vers tes mystères,
       Pour un monde sans guerres, ni frontières !

       Neige de toujours,
       Tu ravives l'espoir
       D'une harmonie retrouvée,
       Soignant les blessures du passé,
       Tu combles de tendresse, le territoire des morts,
       Ils n'ont rien à te reprocher...

       Neige de la fidélité à vivre,
       Princesse des nuées,
      Je réclame tes envolées, tes pleins et déliés,

       Neige fenêtre vers l'infini...
       Tendre amoureuse des sommets,
       Tu fais le bien sans te lasser,
       Coiffant les paysages de messages secrets,

       Avec toi tout recommence !
       Les arbres sont des lilas blancs,
       Ce ne sont plus les mêmes distances,
       Rien n'est jamais comme avant,
       Je ne marche pas vers toi, je danse !
       Tes robes animent les paradis de l'enfance...

       En toi crépitent des étoiles,
       Le jour s'enflamme au duvet de tes plumes,
      Je suis conquis par tes effets de manche,
       Il y a des estuaires noyés de dentelles à chaque branche,

       Ô neige, pollen du printemps !
       Tu fécondes les sillons du temps,
       Le chant des Origines, c'est toi,
       De ton sein, l'inoui à l'absence surseoit,       

       Neige aux pétales prévenants,
       Baisers chuchotés par-delà les versants,
       Au coeur du silence...
       Embarcadère vers la liberté,
       Cythère dont je loue la présence !

       Ô neige éternelle des troupeaux !
       Perpétuant la beauté, sur la pente des prés,
       Répondant à l'appel des fées !
       Frères animaux sachant se tenir à l'essentiel,
       Lovés contre les puits d'ombres folles,
       Créatures divines humant l'aubier de l'air,
       J'embrasse vos visages !
       Vous ignorez le manque à vivre,
       La noirceur,
       Ô doux névés défiant les étés !
       Chacun de vos gestes apporte la chaleur
       Sur cette terre d'accueil
       Qu'avec joie vous veillez...

       Ô neige, que ta grâce soit avec nous !
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Mercredi 23 avril 2008


       Fente sur l'ailleurs,
       Puits aux milles saveurs,
       Le jour est un bouquet de fleurs
       Et son propre vase aussi...

       Droit comme un i,
       Lien de coeur
       Joignant deux durées d'ombres,

       Ô pur éclat du jour,
       Extrait des mines de charbon
       Qui l'entourent,
       Jour jailli des moissons du temps,
       Jour cri de l'espace nouveau-né entre deux rochers,

       Cluse prise au collet
       Par deux avancées de forêts,
   
       Debout de tout son long,
       Le jour est un renard roux,
       A la robe profonde,

       Ô jour tu me ravis !

       Brèche vers l'infini,
       Soutènement des nuits,
       Fenêtre sur la vie...

       J'apprends le sens du mot jour,
       A chacun de tes pas mon amour !

       Plein jour des neiges éternelles,
       Etreinte des origines !
       Jour, frondaison d'arbres sur la plaine
       Tels des chevaux en liberté,
       Crinières de tant de jours...

       Jour réverbère du noisetier
       Que l'écureuil allume,
       Jour, lumière des vergers, parmi les champs
       Solaires de l'amour !

       Ô broderie des jours, à la frange des vagues !

       Que de lieux célébrés par la grâce du jour
       Que d'endroits ravivés !

       Jour amande de tes yeux mon amour,

       Jour fontaine s'éteignant au crépuscule,
       Pour repartir à l'aube de plus belle...
       L' arbre jour, a pour veilleuses les nids,
       Jour oiseau, tu nous entraînes vers les pays du rêve
       Où de l'insomnie,
       Tu glisses tes plumes dans la tendresse intérieure des choses !

       Ô femme jour,  je fête ta présence, au midi brûlant de tes cheveux,
       A travers cette lueur d'iris jaunes,
       Baignant les rives de ton cou...
      

      
      
      
      

      
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Mardi 11 mars 2008

       L'eau fait la joie du temps
       Qu'elle couche dans son lit,
       Ouvrant ses voies lactées
       A son éternel fiancé...

       Elle le tient à merci
       Entre ses jambes nues,
       Leurs chevelures s'emmêlent,
       Ils densifient le monde!
       C'est un dialogue profond
       Qui se noue à la ronde,

       Dans sa robe, la rivière
       Berce le chant des pierres,
       Astres soigneusement polis
       Au coeur d'une galaxie...

        L'onde mesure tous ses gestes
        Avec une tendre minutie,
        Ramenant d'une main leste
        En sa corbeille, tous ses fruits !

        L'eau comme le temps, rient aux éclats,
        Se vouant un amour ardent,
        Créant des arcs-en-ciel
        A leur corps défendant,
        Surpris par la lumière
        Et ses jeux d'enfants,

        Notre couple fait naître par endroits
        Des îles sous la Sonde,
        De manière impromptue,
        Au sein desquelles abondent
        Maintes créatures ingénues...

        Sur un bout de rocher,
        Irisé de gouttelettes,
        Veille un cincle plongeur,
        Son plastron de fête
        Garni de neige à bonheur !

        Il se posera bientôt plus loin
        Sur des racines faisant naufrage,
        Composant moult paysages,
        Où les lutins se sentent bien,

        Une écrevisse à pattes blanches
        Oeuvre en toute innocence,
        Telle une fleur pleine d'aisance,
        Pour une fugue, sous l'ombre des branches,

        Aux moindres gerbes de plis
        Rassemblées par le vent,
        Quantité de frissons parcourent les amants...
        Caressant les arbres de reflets changeants,
        L'eau se fait Ondine, célébrant la vie !




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