Mercredi 12 novembre 2008



         Vêtue d'une robe couleur "Amour",
         Arpentant les jetées du mystère,
         Tu combles d'arcs-en-ciel l'univers,
         Coiffant la Terre de bouquets de jours,

         A chacun de tes pas,
         Le temps neige à la ronde,
         L'aube brûle à pans de parois,
         Des puits fleurissent sous tes mains vagabondes,

         Tes forêts bercent les oiseaux,
         Caressés d'étoffe profonde,
         Leurs rêves au fil des feuillages surabondent,
         Jusque dans l'enfance des ruisseaux,

         Le long des chemins, tes pieds
         Font naître des soleils,
         Je rejoins les passerelles d'étés,
         A travers monts et merveilles!

         Ta robe est une bergerie,
         Pour agneaux de paradis,
         Les horizons sans cesse se déploient,
         Eventails où mes désirs flamboient,

         Souvent je fugue en tes sous-bois,
         Au sein des ondulations de ta robe,
         Les fantômes du quotidien se dérobent,
         Tes vents font valoir leurs droits...

         Mon âme tangue à l'envers, à l'endroit,
         Au rythme de tes mouvements,
         J'aperçois dans le lointain tes bras,
         Jolis peupliers vifs-argents,

         Les hirondelles de tes seins,
         Vibrent au tranchant de la plaine,
         Remplissant l'air de jardins,
         D'espaces promis aux fontaines,

         Si tu croises les jambes,
         La beauté en crue, quitte son lit,
         Les anges animaux se rassemblent,
         Sur des océans de plis...

         Ô robe, tissée de croissants de lune!
         Féerie de conques marines,
         Je chante tes paysages de dunes,
         Les fruits secrets de tes abîmes...    

Par voltuan - Publié dans : poesie littérature lyrisme mémoire révolte - Communauté : Les Grands Poètes
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Jeudi 30 octobre 2008



                                                                                                  ( en souvenir de Rainer Maria Rilke )



            L'élan des branches vers l'azur,
            Prolonge un amour ingénu,
            Pluies de feuilles, pétales nus,
            Essaims porteurs d'augures...

            D'aucuns font ce geste d'aller vers,
            L'infini, cet éternel printemps,
            Comme l'on choie le paradis d'un champ
            Ouvert...
            Aux quatre vents,

            L'arbre embrasse l'horizon,
            A la rencontre d'univers,
            Le coeur tremblant,
            Egrenant d'archipels, les océans
            Du ciel...leurs mystères,
            Dans un échange continuel de dons,

            C'est ainsi que tes cheveux,
            Ô femme, fécondent l'espace,
            Dont les jardins remués de grâce,
            Exaucent mille voeux !

            Tes pieds, vives hermines,
            Libèrent des secrets,
            Lorsque jambes croisées
            Tu crées, une géographie divine,

             La mémoire du temps est immense,
             Par ton regard, tes lèvres, tes mains,
             Puisqu'avec toi tout recommence,
             Sous la rosée du matin,

             Ô vivre pour les foyers d'innocence,
             Les nids d'oiseaux de tes seins,
             Les sources blondes de ta présence,
             Murmurant de loin en loin...

             Un arbre, c'est chacun de nous,
             En toute saison du vivre ensemble,
             Je goûte l'écorce à tes genoux,
             Tandis qu'un cerf marche à l'amble,

              Ô femme, je t'aime à travers tant de visages,
              L'enfance, sans certitude, d'une joue,
              Pour tant de créatures entre nous,
              Abandonnées d'âge en âge,

              Aimer, revient à ne pas oublier,
              Les arcanes de la passion,
              Puits d'ombres noyant les vallons,
              Parfums que faons mènent au milieu des prés,

              L'origine du monde s'éternise,
              A la lisière des bois,
              Où la neige a laissé une frise,
              Un mince foulard de soie...

 

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Mercredi 15 octobre 2008

 

                                                                                                                    ( à un amour de chat, nommé Baloo - à tout être

                                                                                                                      d'innocence à travers lui, "parti sur l'autre rive"-... )




                 Le mystère de ta robe,
                 En eaux profondes, me ravit,
                 Lorsque mes doigts sur toi se posent,
                 Entourés d'espaces infinis...


                 La vie grâce à toi, est une fleur éclose,
                 A travers chacun de tes gestes,
                 D'éternité enclose,
                 La beauté se déploie partout où tu chemines
                 D'un pas leste,
                 Les étoiles de tes yeux révèlent mille choses,


                 Tant d'univers en toi se lovent,
                 Que tu dispenses à satiété,
                 Par le charme de ta présence,
                 Toi qui vis nu et sans apprêts,


                 Ton innocence fait merveille,
                 Tout ton être vibrant à foison,
                 Au fil du temps qjui t'entraîne,
                 A jouer pour un oui, pour un non,


                 Tu portes les messages des rivières,
                 Des montagnes, des champs,
                 Attentif aux moindres secrets liant
                 Les prés aux bois!
                 La nature avec toi émet ses plus beaux chants,
                 Le choeur des saisons vibre dans ta voix,


                 Tu marches, toujours étonné,
                 Le coeur en fête,
                 La terre frissonne sous tes coussinets,
                 Prenant acte de tes émois, ô ma genette!


                J'aime quand tu sautes dans le vent,
                Plein de joie...
                Quand l'eau te grise,
                Que le soleil envoûte tes paupières,


                Tu glisses parmi les éléments,
                Comme un magicien millénaire,
                Des forêts tu es le confident,
                Tes rêves sont bercés de fougères,


                 Ô mon enfant, ma mémoire, mon frère!
                 Le monde commence à partir de toi,
                 Tes désirs débordent le ciel, la mer,
                 A tes côtés, j'ai toujours oublié le froid,


                 Je pense à ton visage, ton regard doré,
                 A ce velouté du roux de tes oreilles,
                 Aux trois points de beauté sur ton nez,
                 Tous ces paysages à nul autre pareil,


                 Je revois ces rayures au bord de tes yeux,
                 Rappelant un maquillage de sorcier indien,
                 Moult lignes sillonnent ta nuque, ton dos jaune feu,
                 Force dessins suggérant autant de lointains...


                 Je me souviens de cette neige pure à ton ventre, ton cou,
                 Pays d'accueil, jardins d'enfance,
                 Lieux de passion, pour mille prévenances,
                 Bocages baignés d'horizons que ton plaisir dénoue!


                 Tu t'es souvent couché en rond près de moi,
                 Rassemblant en doux méandres la tendresse,
                 Ta confiance me rendait mes caresses,
                 Si tu savais combien d'amour je te dois...


                 A jamais tu rayonnes en mon sein,
                 Colorant les aspects du quotidien,
                 Ô gardien des Origines, la nuit, le jour!
                 Tes parfums brûlent mes lèvres, mes mains,
                 Ô toi mon ange, depuis le premier matin!
        

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Mercredi 8 octobre 2008


       Après des siècles d'horreurs,
       Certains ne savaient plus où vivre,
       Leur coeur voulait qu'on les délivre,
       D'une si longue absence de chaleur,

       Ce n'était partout que crimes,
       Atteintes portées à toute créature,
       Chaque naissance humaine masquait une fêlure,
       La démence régnait au bord de l'abîme...

       Comment rester sans réagir,
       Ne pas ressentir d'effroi,
       Devant tant d'aveuglements?
       Les maîtres du monde choyant le pouvoir et l'argent,
       Plus que le devenir d'un enfant !

       Il nous fallait changer le sens,
       D'une Histoire qui se disperse,
       Préserver les étincelles d'innocence,
       Que d'aucuns mettent à l'index,

       Les fantômes en grand nombre,
       Ruinaient les arcanes de l'amour,
       Enseveli sous les décombres,
       De la roue sombre des jours,

       Nous devions lutter pied à pied,
       Contre la perte des repères,
       Sauver les âmes abandonnées,
       Aux mains des Erynnies de l'enfer...

       Voici pour vous mes frères, le pain de la mémoire,
       Cuit au four d'une attention sans bornes,
       Quelques mots en forme d'espoir,
       Ce chant de l'oiseau éclairant une viorne,

       J'ai rêvé pour vous, de bras de mer,
       S'enfonçant au plus loin dans les terres,
       Tendres offrandes de jours nouveaux,
       Ceints de mouettes au blanc manteau,

       J'ai rêvé pour vous de chemins clairs,
       Caressant la robe des sous-bois,
       De bras nus sous les feuillages verts,
       Laissant les écureuils sans voix,

       J'ai rêvé pour vous de pays d'accueil,
       Lovés au-delà des frontières,
       Baisers de prairies, peupliers courtisant les rivières,
       Paradis suggérés du mystère des seuils...
        
     
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Mercredi 1 octobre 2008

 

                                                                                                                                            ( en mémoire de Jules Supervielle )

 

            J'apprends la tendresse aux hommes

            Que j'étreins sans les renier

            Je suis l'amour en somme

            A travers mes ruches de baisers

 

            Je compose des rondes d'instants

            Feuillages alanguis, ciselés à l'envi

            Amours de toute une vie

           Greniers dont je fais un paradis!

 

           Je porte sur mes cimes

           Les promesses de songes

           Mes fougères dentelées

           Font danser les ombres



          Mes labyrinthes creusent le temps
 
         Qui n'en peut mais...Je le distille

         Vers des puits où nous sommes amants

         Notre goût du mystère fait craquer les brindilles


        
         En mon sein mûrissent
  
         Les fruits de la mémoire

        Je me sens redevable de bâtir une Histoire

        Exempte d'horreurs et de gloires...


        Mes arbres veillent sur toute vie,

       A branches que veux-tu, mes demoiselles

      Autour des tendres voeux que sont les nids

      Je crée depuis toujours un monde fraternel!



         

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Mardi 23 septembre 2008


        Amours d'antan, qu'il m'en souvienne,
        Rien ne vous séparait de l'innocence,
        Où nous puisions à perdre haleine,
        Les élans de l'enfance,


        Chaque jour, nous buvions,
        Aux forêts denses de la passion,
        Pour un temps rassemblé, partagé,
        Sous l'égide des papillons,
        Caresses d'anges, nos alizés!


        Amours d'antan, ô doux visages,
        Baignés de prévenance!
        Les gestes simples vous conviaient
        En abondance,
        Auprès des oiseaux de passage,


        Si seulement, l'on vous avait laissé,
        La possibilité de croître, d'espèrer,
        Autour du feu de la mémoire vive,
        L'Histoire du monde en eut été changée!


        Amours d'antan,
        Insondables secrets des choses tues,
        Je viens vers vous, à pas menus,
        Dans un silence de neige,
        A travers ce qui nous lie, vous et moi,
        Aux sources nues, égrènant leurs arpèges,


       Amours d'antan, fruits d'éternels printemps,
       Gentes fleurs à la prudence saluée,
       Tendres provinces de l'âme restituées,
       Avec un abri pour le moindre mendiant,


       Amours d'antan, mes bosquets nourriciers,
       Mon coeur s'enflamme dans vos méandres,
       Esquissant des cercles parfaits,
       J'ai toujours cru en votre immensité,
       Quand aimer, c'est forcément se déprendre,


       Amours d'antan, votre mystère est bienvenu,
       Et tout ce qui le constitue,
       L'infini et l'infime
       Consacrés l'un à l'autre,


       Sous votre action, Hélios darde ses rayons,
       Les hirondelles mettent de l'azur à leurs joues,
       La mer patiemment frise ses moutons,
       Ce qui éléve nos sens, procède à pas de loup...


       J'ai souvenance d'amours brûlantes,
       Ces délices quand ta robe frôle l'horizon,
       Renversant les fines mangeoires du soleil,

       J'ai souvenance d'amours vermeilles,
       De plaines fendues de ruisseaux ardents,
       Lorsque ta chevelure crible le ciel d'abeilles!
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Mercredi 17 septembre 2008


          Emaillée de poissons, de moutons,
          Comme autant d'éclats de vie,
          La mer tisse l'espace à l'envi,
          Coud et recoud l'horizon,

          Mais c'est ta robe que je vois,
          Animant de ses plis, jour et nuit,
          Ce long pavois qui nous unit,
          Me protégeant contre le froid,

          Chacun de tes sourires dessine une vague,
          Ou un oiseau, c'est selon,
          Tu changes souvent de visages,
          Chantant l'amour en toutes saisons!

         Merci à tes lèvres, tes baisers,
         De même qu'à tous tes décolletés,
         Suivant le rythme des marées,
         Tu fais le bien sans y penser,

         Tes paysages sont légions,
         Cimes, prairies, lisières, vallons,
         Pour de tendres traversées,
         Dans la plus grande nudité,

         Je me love en tes cheveux,
         Caresse d'algues, terrains de jeux,
         Je nage, baigné par ta voix,
         Sans jamais faillir à ta loi...

         Ô femme aux îles bleues!
         Tu fais danser l'univers, enfin joyeux,
         Quand rien ne le divise...
         Les mouettes effleurent tes jardins,
         De coups d'ailes adamantins,

         Ta robe, moire des souvenirs ombreux,
         Submerge les rochers langoureux,
         Près des falaises veillant ton amour,

         Ô femme, louée sois-tu, de bercer le coeur des anges,
         Parmi tes vergers au long cours!
         
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Mercredi 10 septembre 2008


           De ta présence, naissent des mots,
           Bourgeons de l'innocence,
           Brillant par monts et par vaux,
           Tout au long d'une romance...

           Tu attires par tes pensées,
           Au fil du temps, ma semence,
           Perles d'une mémoire enjouée,
           Multipliées sous ta régence !

           Le soleil est là, au bout de tes doigts,
           Mouillant l'herbe et les feuillages,
           Devant toi je suis en émoi,
           Qui m'apparais toujours davantage,

           Tes bras font naître des lilas,
           Le long des chemins de neige,
           Habités sans cesse par la joie,
           D'un amour fidèle à Kitèje,

           Grâce à la lampe de tes cheveux,
           J'évite un trop-plein de naufrages,
           Dans l'azur parcouru de nuages,
           Dès que tu te coiffes un peu...

           Chacun de tes gestes est immense,
           Vague après vague, tissant l'océan,
           Le monde à travers toi devient dense,
           Des gouffres de la Terre jusqu'au firmament,

           Lorsque jambes croisées, ton pied s'avance,
           Mon coeur bat à son extrémité,
           C'est tout mon être alors qui danse,
           Contre l'univers de ta robe étoilée !

   
           Post-scriptum: "Kitèje" se rapporte à la légende russe d'une cité engloutie,
           qui n'est visible que par les coeurs purs...
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Lundi 1 septembre 2008

                                                                                                                      ( Aux humains et animaux,
                                                                                                                        victimes de l'horreur dans tous les siècles ),
                                                                                          A toi,



       Que dire de toi, de ta présence perdue,
       Trahie, dans toute l'histoire humaine,
       A travers tellement de sang versé,
       Au fil de la folie, de tant de haine !

      Chaque siècle prolonge l'infamie,
      Le calvaire de coeurs à l'agonie,
      On fait le lit d'un oubli général,
      En cumulant les fautes capitales...

      Que dire de la douceur de tes mains,
      De ton cou, noyés par l'horreur quotidienne !
      Sous la surface des choses ton absence s'étend,
      Je pense à toi depuis la nuit des temps !

      Qui dira ton visage rendu à la lumière du jour,
      Sauvé de l'indifférence, de l'engeance,
      Par les yeux de l'amour ?
      Tes lèvres sont des rivages
      Dont j'ignore le sens,
      Bordant le vallon où murmure un ruisseau,
      Soulignant l'horizon parfumé d'avenir,

      Tu danses avec les arbres aux robes feuillagées,
      Tu incarnes l'océan, le soleil, la terre, le vent,
      Je suis comblé de caresses,
      D'offrandes à satiété,
      Tes rivières font le plein de gestes tendres,
      Ta mémoire brûle en moi à chaque heure du jour,

      Je t'ai toujours aimée !
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Mercredi 30 juillet 2008

Témoignerai-je assez, au nom de ceux qui rêvent,
D'un amour infini, auquel tu me convies ?
Tout manque à être vu, écouté, dit...
Ecrivons, avant que le Léthé brûle nos lèvres !

Tant d'univers vivent en moi sous ta régence,
Enfants des rires du soleil, de l'eau et du vent,
Tes façons d'être me nourrissent éternellement,
Bravant les hauteurs, tes oiseaux s'élancent,

Tu es là, à travers tant de paysages,
Par les cimes que l'on devine au loin,
Sentinelles d'abimes dont je ne vois pas la fin,
Grâce à toi, perdure le mystère de doux visages,

L'innocence de ton Nom, derrière les peupliers,
Prend la forme d'un vallon, dont j'apprends les secrets,
Tu m'apparais souvent dans l'aube d'un noisetier !

Entends-tu, là-bas, les soupirs des ravins ?
Où la vie doucement marque une pause,
En retrait par la force des choses,
Evoquant ces creux, c'est comme si,
Je caressais la paume de tes mains...

J'épouse le feuillage des souvenirs,
Vibrant d'orages et de sources,
Mes pensées tournées vers la Grande Ourse,
Les Pléiades brillent de nos désirs !

Je t'ai connue à l'enseigne du pré qui boit,
Près des ruisseaux que nul ne voit,
Hormis les peuples animaux...
L'univers est féérique par la grâce des troupeaux,

Ceux qui tremblent de trop donner,
Permettent les tablées fraternelles,
Des champs de la terre comme du ciel,
Le feu de l'amour brûle dans ton genou plié !

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